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Archives des expositions 2017-04-25T13:18:31+00:00

Que fait le LOUP dans LA MAISON DU BERGER ?

Il nous pose des questions.

 

Depuis l’arrivée des loups dans les Alpes en 1992, loups et activité pastorale sont pris dans un filet de contradictions de paroles et d’écrits qui rendent compte de leurs faits et gestes, et alimentent des débats virulents. L’Europe, l’État, les élus, les associations de protection de la nature, les chasseurs, les éleveurs, les bergers, les techniciens pastoraux, les journalistes, les scientifiques, les citoyens, chacun se positionne dans ces débats confus alimentés, en toutes saisons, par le récit d’une nouvelle attaque sur troupeau, par l’abattage d’un loup autorisé par arrêté préfectoral, par les recours déposés en justice par les associations de protection de la nature, par les articles de presse et les réactions qu’ils suscitent.

Faut-il être pro-loup ou anti-loup ?

A mauvaise question, mauvaise réponse…

Soyons sérieux, les questions et les enjeux sont ailleurs.

En friche ou accueillante ? Quelle montagne voulons-nous ?

Industrielle ou familiale et à taille humaine ? Quelle agriculture voulons nous ?

Hors-sol ou pastoral ? quel élevage voulons-nous ?

Quel avenir pour les animaux d’élevage et la relation pluri-millénaire que l’Humain a développé avec eux ?
Voulons-nous encore vivre avec eux ?

Ce loup taxidermisé est un prêt du Musée Muséum départemental des Hautes-Alpes.

ESPACES HOMMES TROUPEAUX

Transhumants du Moyen-Atlas marocain

L’élevage transhumant à Timahdite
Le bourg de Timahdite est situé sur un plateau à 1800 m d’altitude dans le centre du Moyen-Atlas. Une grande part de ses 1300 habitants appartient à la tribu berbère Aït Arfa dont l’occupation principale est depuis des siècles l’élevage ovin extensif, d’où le nom de timahdite donné à la race locale de brebis. Bien adaptée à l’altitude et réputée pour la qualité de sa viande dans l’ensemble du Maroc, cette race a été la première à bénéficier de l’encadrement de l’ANOC (Association nationale des ovins et caprins reconnue par l’État marocain) pour le suivi sanitaire des troupeaux et l’amélioration génétique des reproducteurs.

Un système agro-sylvo-pastoral
44% du territoire de Timahdite sont des parcours (pour 33% de forêts et 23% de surface agricole utile) et les ressources en eau y sont importantes, permettant l’élevage de 150.000 ovins (environ 450 troupeaux), 8.000 caprins et 1.500 bovins..
Fondé sur le regroupement et la mobilité saisonnières des troupeaux, ainsi que sur l’entraide familiale et professionnelle, ce système agro-sylvo-pastoral utilise au maximum la végétation des parcours (azaghar) sur le plateau et des estives (azib) en montagne où les pasteurs transhumants vivent sous la tente pendant les mois les plus chauds. Mais les bêtes pâturent aussi dans les forêts domaniales, ainsi que sur les jachères et les chaumes des terres de culture privées (melk). Les parcours, propriété de la tribu, sont gérés collectivement selon des droits d’usage ancestraux.
Evolution de la pratique pastorale
Depuis le début des années 80, dans le cadre du projet « Moyen Atlas central » financé par la Banque mondiale, des abris en dur (habitats et bergeries) ont été construits au milieu des parcours sur le plateau et des points d’eau installés : ces aménagements ont permis aux éleveurs d’abandonner la transhumance hivernale qui se faisait jusqu’alors vers les plaines du bas pays aujourd’hui vouées à l’agriculture.
Chaque troupeau est gardé par son propriétaire, un membre de sa famille, ou un berger salarié. Les troupeaux de plusieurs frères sont parfois rassemblés, surtout pour la transhumance.

L’ aïd el-kebir
Les agneaux mâles sont engraissés en prévision du sacrifice de l’aïd el-kebir. Quelques temps avant cette grande fête, le souk de Timahdite connaît une intense activité : de nombreux maquignons viennent y acheter ces agneaux qu’ils vendront à une clientèle urbaine, en particulier dans le nord du Maroc, à Tanger et Tétouan.

Un patrimoine à préserver
La race ovine timahdite et les savoir-faire des pasteurs qui l’élèvent représentent un patrimoine professionnel, économique mais aussi culturel à préserver : il est garant de la pérennité de ce système d’élevage et de la transhumance, ainsi que du maintien d’un paysage culturel qui pourrait devenir un atout important pour le développement d’un « tourisme vert » complémentaire des activités agro-pastorales, comme il en existe dans d’autres régions pastorales du pourtour méditerranéen.

L’exposition
« Cette exposition photographique est le fruit de deux séjours de formation à l’enquête ethnologique rassemblant des étudiants de l’université catholique de Valencia (Espagne) et de l’École nationale d’Agriculture de Meknès (Maroc). Elle porte témoignage de notre rencontre avec des familles d’éleveurs berbères qui nous ont fait partager leur vie et nous ont offert leur hospitalité : qu’elles en soient remerciées ! »
Anne-Marie Brisebarre

Un texte de Anne-Marie Brisebarre, ethnologue au CNRS, spécialiste du pastoralisme et plus particulièrement de la transhumance, ayant travaillé sur les questions du sacrifice musulman.

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Melet,

les archives d’un berger écrivain

du 27 mai 2016 au 17 mars 2017

Mélet

Hommage au berger, fondateur de la Maison du Berger à l’occasion des 25 ans de sa disparition. Présentation d’archives inédites (photos, manuscrits, objets).

Pierre Mélet (à droite) assistant-berger, expertisant un bélier chez un éleveur alpin en présence d’un expert lainier. Photo coll. Mélet.

 

 

 

 

 

Les 20 000 moutons d’Acacia Downs (Australie)

20 000 moutons

Reportage du photographe grenoblois Bernard Fontanel dans une ferme du Queensland à l’occasion de la période de la tonte qui mobilise 16 personnes, 20 000 moutons et dure 3 semaines. Un spectacle étonnant !

 

 

 

 

 

 

Davalarem

Bergers d’estive en Cévennes

Jean Mascaux davalerem J. Mascaux (2)

 

Visionner un extrait du film de Jean Mascaux
« Gens et métiers de la transhumance »

Le regard du photographe et cinéaste Jean Mascaux sur la transhumance dans les Cévennes dans les années 70. Aujourd’hui, la culture pastorale cévenole se bat pour préserver son avenir. À voir, Transhumance dans les Cévennes méridionales, film de l’ethnologue A.M. Brisebarre. En partenariat avec l’Écomusée du pastoralisme de la vallée Stura (Piémont).

 

 

Les terres de Deff

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Le géoagronome Jean-Pierre Deffontaines, spécialiste des paysages agropastoraux et de leurs dynamiques, fut aussi sculpteur. Ces « terres » nous invitent à parcourir les paysages des rivages de la Méditerranée jusqu’aux aux montagnes des Alpes.

Haut-Alpin d’adoption, « Deff » (comme l’appelaient ses amis) avait des attaches dans la vallée de Champoléon (Haut-Champsaur) où son père, le grand géographe Pierre DEFFONTAINES, avait une maison. Jean-Pierre y apprit à connaître les Alpes et à s’interroger sur les formes paysagères qui découlaient de l’action des paysans. C’est aussi à Champoléon qu’il rencontra le berger André LEROY. Leur long compagnonnage d’amitié et de recherche mènera – dans les années 80-90 – à des travaux très novateurs, bousculant les approches que nous avions du métier de berger, de l’alpage et des paysages pastoraux1.

Tout au long de sa carrière, Jean-Pierre DEFFONTAINES cherchera à expliciter le fait que « les paysans ont de bonnes raisons de faire ce qu’ils font » ; un apport majeur en matière de développement agricole qui valorisera particulièrement les régions à « faibles potentialités ».

Amoureux des paysages, il voyait les agriculteurs comme des « producteurs de formes ». Une esthétique qu’il pratiqua lui-même à travers d’étonnantes sculptures (bois et terres) croisant son regard de géographe et d’agronome avec le regard et le toucher du sculpteur.

Jean-Pierre DEFFONTAINES a commencé à sculpter dans les années 80 dans l’atelier de Bernard GRASSIAS à Paris. Ses oeuvres cherchent à traduire l’émotion qu’il a ressentie devant les paysages agraires et urbains, en dégageant leurs formes et leurs forces.

Sortant de ses mains, ses sculptures se passent de mots et nous apprennent à regarder autrement les paysages, à en saisir les structures et en révéler peu à peu le sens. Elles nous redonnent aussi une belle part de l’homme curieux, attachant et sensible qu’il fut.

En croisant les regards du berger (André LEROY), du géologue (Benoît DEFFONTAINES), du botaniste (Jean RITTER) et du géoagronome (Jean-Pierre DEFFONTAINES), le DVD-rom Un sentier pastoral (2004, éd. Educagri / Quae) offre une belle démonstration de la fécondité d’une interdisciplinarité raisonnée, ainsi qu’une extraordinaire promenade paysagère et poétique sur l’alpage du Saut-du-Laire à Prapic (Hautes-Alpes).

1 Voir notamment J.-P. Deffontaines, E. Landais, André L. : un berger parle de ses pratiques, 1988, INRA-SAD, Coll. Document de travail, 111 p. ; J.-P. Deffontaines, E. Landais, (dir. Scient.), D. Garabedian (réal.), L’espace d’un berger, 1989, INRA/ENS,film, 20’ ; J.-P. Deffontaines, E. Landais, 1994, « L’espace d’un berger. Pratiques pastorales dans les Ecrins », in J.-C. Duclos & A. Pitte (éds.), 1994, L’homme et le mouton dans l’espace de la transhumance, Glénat : 223-234.

 

Un Berger, des Bergères.

Nouveaux enjeux d’un métier en mutation

Ce travail d’enquête a impliqué une trentaine de bergères et bergers alpins et provençaux. ll résulte d’un partenariat entre la Fédération des alpages de l’Isère, la Mutualité sociale agricole Alpes du nord, l’Association des bergers de l’Isère et la Maison du berger.

bergers_couvokL’exposition et le livre témoignent des nombreux changements qui touchent le métier de berger salarié, exercé par de plus en plus de jeunes gens venant du monde urbain avec un bon niveau d’études axées notamment sur l’environnement, ou sortant des centres de formation au métier de berger.

Ces jeunes s’inscrivent par ailleurs dans la tradition de pluri-activité alpine ; ils exercent ce métier de berger en complément d’une ou plusieurs autres activités. Ils s’installent souvent dans les vallées alpines, y fondent des familles.Le livre et l’exposition « Un berger, des bergères » proposent de mieux connaître le travail et le quotidien de ces bergers d’aujourd’hui sous l’impulsion desquels le métier est en train de changer décisivement. Longtemps enfermé dans une image archétypale -un métier d’homme, rude et solitaire – le métier s’ouvre à d’autres réalités.
Ils dévoilent une diversité et une évolution insoupçonnées de ce métier : trajectoires individuelles et professionnelles, conditions de vie et de travail, féminisation, image du métier, professionnalisation, créativité, etc. Ils montrent aussi que ce vieux métier, poussé par une formidable vague de modernité, offre à celles et ceux qui le pratiquent, une incomparable richesse humaine.

« Un berger, des bergères. Nouveaux enjeux d’un métier en mutation », un livre de 42 pages. En vente à la Maison du berger. 15 euros.

Prêt de l’expo. Renseignements auprès de la Maison du berger : 04 92 49 61 85 ou contact@maisonduberger.fr

 

Antonin, berger, simple soldat

Exposition de MARTIN GALTIER

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Le mouton est un des thèmes obsessionnels de l’œuvre de Christian MARTIN-GALTIER, il traverse son univers, comme un rappel de la présence de ce grand-père et de son univers pastoral qui a beaucoup marqué Christian.

Le mouton, pour lui, c’est aussi l’animal qui révèle le territoire et ses paysages.

Les bergers font partie de sa famille ; prés, alpages, moutons et loups forment un système de signes qui construisent son univers mental et artistique.

 

Quand on parle du LOUP…

on n’en voit pas le bout !

Quand on parle du loup, ça peut durer longtemps (surtout quand éleveurs, bergers et protecteurs des loups tentent de dialoguer…).

loup2En octobre 2014 à Gap, la Société alpine de protection de la nature a convié des acteurs très divers à « parler prédation » lors d’un colloque qui a rassemblé une centaine de personnes et des institutions, associations, fédérations des mondes de l’agriculture et de l’élevage, et de la protection de l’environnement. Les débats ont parfois été vifs, mais chacun a fait l’effort d’écouter l’avis de l’autre, fut-il divergent.

Quant à savoir si cela a contribué à apporter des solutions, c’est une autre histoire ! Sur le terrain, la réalité est tout autre : l’élevage familial de montagne, un des principaux agents de gestion des paysages agropastoraux alpins, est sous le pression de la prédation et risque de ne pas s’en remettre.

L’illustrateur Alexis NOUAILHAT était là. Au fil de la journée, il a croqué les différents intervenants au colloque et illustré une partie des idées qui ont émergé des échanges. Alexis NOUAILHAT est l’auteur d’une bonne quinzaine de publications sur l’arc alpin et de nombreuses aquarelles. On peut visiter son atelier à Saint-Bonnet en Champsaur.

Contact : 04 92 49 52 49